> Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

L'invention du sentiment

L'aspiration vers l'infini
 
Carl Gustav Carus (Leipzig, 1789 - Dresde, 1869) Vallée de Haute Montagne. H / t., 1822, 0, 64 * 0, 932 m. Signé en bas au centre. Düsseldorf, © Kunstmuseum, inv. 122.
Vallée de Haute Montagne, Carl Gustav Carus© Düsseldorf, Kunstmuseum

Philippe-Jacques de Loutherbourg (Strasbourg 1740 - Chiswick 1812), Marine avec Naufrage. H/ t., 0,97 * 1,31 m. Dieppe, © Château-Musée, inv. 977-16-1
Philippe-Jacques de Loutherbourg (Strasbourg 1740 - Chiswick 1812), Marine avec Naufrage. Dieppe, © Château-Musée

Joseph Wright of Derby (Derby, 1734 - Derby, 1797). H / t., 0,572 * 0,762 m. Signé et daté sur une pierre, en bas à droite : i.w. Pinxt. 1795. Derby, © Museum and Art Gallery.
Joseph Wright of Derby (Derby, 1734 - Derby, 1797). Derby, © Museum and Art Gallery

 

Au milieu du XVIIIe siècle, les rapports de l'homme et de la nature se modifient profondément. Création divine, confiée à l'homme qui est censé la maîtriser tout en craignant d'autant plus ses courroux, tempêtes et déluges imprévisibles, la nature acquiert, chez les poètes d'abord puis chez les musiciens et les peintres, une dimension nouvelle mêlant intimité et terribilita. Elle devient alors refuge et reflet de soi, lieu de méditation et de contemplation où l'homme renoue, non plus avec l'infinie générosité de Dieu, mais avec les vertiges et méandres de son propre émoi, éveillés et bercés par les beautés de la nature. Cette nature douce compagne, miroir de l'âme, sait aussi inspirer étonnement et frayeur.

Les œuvres présentées dans cette dernière partie de l'exposition retracent l'évolution du sentiment de la nature, la place de l'homme dans la nature, ses rapports avec le divin et le spirituel, entre 1770 et 1830, au travers de l'histoire de la peinture de paysage.

Elles posent autant de jalons dans une anthologie à la fois parcellaire et complète : tous les genres du paysage sont présents, jusqu'à la peinture de marine, ainsi que toutes les périodes durant le demi-siècle envisagé. Les trois principales écoles, allemande, française, et anglaise, qui représentent les trois grands axes de la peinture romantique en Europe, et trois expressions de la sensibilité, sont évoquées, montrant leurs différences et leurs convergences.

La peinture Vallée De Haute Montagne (1822) de Carl Gustav Carus montre une nature sublime, qui réduit à un détail l'homme cheminant avec sa mule au soleil levant. Amicale, la montagne s'offre à l'admiration du promeneur, voyageur dans une nature sacrée comme l'homme au sein de sa propre vie. La minutie avec laquelle il reproduit la géologie dénote un désir d'expliquer le monde et d'émouvoir par une représentation plus juste des objets et des êtres.

Chez Philippe-Jacques de Loutherbourg, la nature est devenue déchaînée et hostile à l'homme. Marine Avec Naufrage (1769) accorde au ciel, seul ovale lumineux dans une composition   formée de triangles aigus et sombres, une place majeure. Le spectateur s'identifie naturellement aux naufragés dont les gestes expriment l'horreur. Le naufrage est alors un sujet d'actualité : le peintre fait frémir le spectateur, en le faisant participer à un danger réel.

Pour Vue De La Cascade de Rydal (1795), Wright of Derby, choisit de représenter un lieu emblématique du romantisme anglais, la région des Lacs. Il transcrit picturalement ses impressions personnelles et la musicalité du lieu. A ce titre, cette toile est caractéristique à la fois d'une conception traditionnelle de la peinture de paysage, fondée sur une recomposition, à la manière de la peinture d'histoire, et d'une autre, annonciatrice du romantisme, où comptent davantage les impressions personnelles de l'artiste.

 

 

Pour aller plus loin

Questionnaire :
Vérifiez vos connaissances
       
Médiathèque de la Cité de la musique - accueil