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L'invention du sentiment

L'artiste : héros et virtuose
 
François Joseph Aimé de Lemud (1817-1887), Beethoven inspiré. Gravure sur bois, 1864. 0, 258 * 0, 203 m. Paris, Bibliothèque nationale de France, département de la Musique, n° 61.
Beethoven inspiré, François Joseph Aimé de Lemud, © Paris, Bibliothèque nationale de France, département de la Musique,

Jean-Auguste Dominique Ingres (Montauban, 1780 - Paris, 1867). Portrait de Niccoló Paganini. Mine de plomb, 1819, 0, 298 * 0, 218 m. Signé et daté en bas à gauche : Ingres Del. / roma 1819. Paris, © musée du Louvre , Département des arts graphiques, RF 4381
Portrait de Niccoló Paganini, Jean-Auguste Dominique Ingres, © Paris, musée du Louvre, Département des arts graphiques

Georg Friedrich Kersting (Glüstrow, 1785 - Meissen, 1847), Niccoló Paganini. Huile sur panneau de bois. 0, 24 * 0,  185 m. Dresde, © Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie Neue Meister, inv. n° 2202 B.
Niccoló Paganini, Georg Friedrich Kersting, © Dresde, Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie Neue Meister

Au début du XIXe siècle, émerge un nouveau concept de virtuosité où tout semble converger pour assurer à l'individu-interprète la domination absolue de la technique la plus complexe et de l'expression la plus recherchée, domination appliquée, ici, à un instrument alors récent, le piano.

Car, dans la première partie du XIXe siècle, les mutations rapides de la facture des pianos, dans les capitales européennes, favorisent la surenchère dans la virtuosité et l'image de plus en plus « ex-centrique » du virtuose, qui vont devenir deux aspects notables dans l'émergence du romantisme.

Le propos est entièrement centré sur les figures capitales de Beethoven, Paganini et Liszt.

Au-delà de leurs compositions musicales propres, ils ont été perçus par de nombreux artistes de leur temps, par l'expression brillante et vive de leur génie, comme les artistes romantiques par excellence.

Les représentations des artistes romantiques, par les peintres et sculpteurs, vont bien au-delà de simples portraits.

En peignant ou sculptant Paganini ou Liszt, ils se projettent eux-mêmes dans la figure du musicien virtuose.

La gravure sur bois Beethoven inspiré de François Joseph Aimé de Lemud offre une image transcendée de Beethoven en proie aux tourments de la création. La représentation est conforme à la vision romantique du génie habité par l'inspiration, qui persiste tout au long du XIXe siècle. Une nuée de muses accapare l'esprit du musicien, affalé à son piano, attribut systématique du compositeur. A ses côtés, une pile de manuscrits témoigne de l'intensité de son activité.

Le Portrait de Niccolo Paganini à la mine de plomb de Jean-Auguste Dominique Ingres cherche à transcrire la force profonde de l'âme de l'artiste, que ce soit celle du musicien, ou la sienne. Il se représente dans le musicien et exprime sa propre perception de la musique, source de plénitude et d'apaisement. Ainsi les belles mains qui tiennent l'archet sont comme un prolongement de celles du peintre.

L'huile sur panneau de bois de Georg Friedrich Kersting Niccolo Paganini évoque la virtuosité surnaturelle du violoniste depuis son visage, ses mains vigoureuses se détachant d'une frêle silhouette noire, en passant par sa longue et épaisse chevelure semblant manger son visage émacié jusqu'à ses yeux noirs enfoncés dans une orbite sombre qui composent un regard fiévreux.

 

 

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