> Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

Inde du Nord

Les vièles
 

Vue de l'exposition.
Vue de l'exposition, © Cité de la musique

Sarangi, Pendjab, seconde moitié du XIXe siècle, bois, peau, ivoire, métal, boyau, Kolkata, Indian, © Cité de la Musique
Sarangi, Pendjab, seconde moitié du XIXe siècle, Kolkata, Indian Museum, © Cité de la musique-
Photo : Jean-Marc Anglès

Sarinda, Bengale, Inde, fin XIXe ou début du XXe siècle, bois, peau, ivoire, métal, New-York, The Metropolitan Museum of Art, © Cité de la Musique
Sarinda, Bengale, Inde, fin XIXe ou début du XXe siècle, New-York, The Metropolotan Museum,

© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

 

Selon un mythe ancien, la vièle doit son origine à Ravana, roi légendaire de Lanka, qui aurait extrait un tendon de sa propre main pour réaliser un instrument nommé ravanahasta ou  « main de Ravana ».

Aisément transportable, ce petit instrument est longtemps celui des bardes et mendiants qui sillonnent le pays, chantant les exploits de rois, la geste des vaillants héros ou les paroles des grands poètes mystiques de l'Inde médiévale.

De facture modeste, issue de traditions rurales peu considérées et le plus souvent exclues des cours princières, la vièle se décline en une famille d'instruments très diversifiée.

L'origine de ces instruments est incertaine. La sarinda, proche du sorud du Balouchistan, est connue jusqu'aux confins du Nord-Est de la péninsule et de la frontière birmane.

Le groupe de chikara, petites vièles aux formes variées, se propage également aux quatre coins du sous-continent.

Cinq siècles durant, la plus répandue dans la moitié nord de l'Inde est probablement le sarangi.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les joueurs de sarangi deviennent les professeurs et accompagnateurs de chanteuses et danseuses professionnelles. Très prisées des milieux aristocratiques, ces courtisanes, qui appartiennent aux catégories sociales les plus diverses, contribuent de manière prépondérante à la vitalité des arts de la scène.

Mais un siècle plus tard, la nouvelle société anglo-indienne, d'où émerge une classe moyenne fraîchement occidentalisée, juge leurs mœurs trop dissolues et les met au ban de la société.

Le succès croissant de l'harmonium importé d'Europe, qui remplace progressivement le sarangi dans l'accompagnement du chant, précipite le déclin de l'instrument au cours du XXe siècle.

 

Pour aller plus loin
L'ouvrage de référence :
The Voice Of Sarangi  : An Illustrated History Of Bowing In India, Joep Bor, National Centre for the Performing Arts Quarterly Journal, n°15 (3,4)-16 (I), 1986-1987, p.I-183.

Disponible à la Médiathèque

Questionnaire :
Vérifiez vos connaissances
       
Médiathèque de la Cité de la musique - accueil