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Jimi Hendrix Backstage

Electric Body
 
Jimi sur scène, jouant de la guitare entre ses dents, Amplificateurs Marshall, © Experience Music Project
Jimi sur scène, jouant de la guitare entre ses dents, © Experience Music Project

Le Musée de la musique rapproche deux expositions, présentées sous l'appellation d'Electric Body. L'une interroge la « rock attitude » de Jimi Hendrix ; l'autre met le corps en scène et souligne sa dimension « musicale » et « gestuelle ».

Ces propositions ont en commun d'explorer des voies déjà ouvertes par Alban Berg dans son opéra Lulu : le dédoublement, l'ambiguïté sexuelle, la fragmentation, la violence corporelle. Depuis, de nombreux artistes ont repris ce thème de l'identité et de l'altérité, évoquant un corps à la fois en résistance et en éveil face à l'histoire, à la fragilité de la vie, à la dérive technologique.

C'est l'ivresse mortelle du rock : Jimi Hendrix jouant de la guitare entre ses dents pour en extraire des plaintes quasi-humaines ; ou David Bowie soumis à de spectaculaires métamorphoses physiques.

Chez Hendrix, les références sexuelles sont récurrentes.

A une époque où le corps nu est devenu un slogan, c'est grimé que Jimi Hendrix est le plus suggestif et électrise les Foxy Ladies et autres Little Miss Strange de l'assistance.

Sex Machine qui voulait « faire l'amour avec la musique », le corps de Jimi suggère de vibrantes caresses (Music, sweet music I wish I could caress caress, Manic Depression) et des métaphores explicites de coïts démultipliés, au cours desquels la guitare en érection / délirection devient l'instrument de tous les possibles : prolongement phallique pénétrant les amplis, corps et sexes féminins gémissants.

Loin d'être onanistes, les solos de Jimi sont des duos érotiques culminant en un orgasme paroxystique, une wild thing, où la saturation des effets sonores de la guitare fusionne avec l'amplification des Marshall exaspérés par de violents coups de reins. Ce sont les respirations, les souffles, les cris, les rires, les claquements de mains ou les battements de pieds : la voix offrant aux compositeurs matière à un corps tour à tour refoulé, libéré, érotisé ; les gestes de pulsation du jazz perpétuant les traditions africaines et affirmant la prégnance du corps dans le rythme.

C'est l'alliance de l'homme et de la machine : les instruments de musique construits sur mesure, les happenings virtuels des héritiers de John Cage et de Merce Cunningham, comme autant de « paraboles dans un monde qu'il ne faut cesser de réenchanter ».

Toutes ces représentations hors limites qui fabriquent notre époque ont guidé le choix d'œuvres d'art, d'éléments scéniques, d'installations, de vidéos, de costumes et d'instruments de musique qui scandent le parcours des deux expositions.

Les concerts et les films qui accompagnent cette démarche durant deux semaines puisent leurs références dans les univers du rock (Hendrix et Bowie), du jazz (Cecil Taylor) et de la musique contemporaine (Francesconi, Lachenmann et Reich).

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