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Harpes d'Afrique Centrale

Organologie des harpes africaines
 
Harpe Ennanga, population Ganda, probablement district Taïti, Ouganda, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, Belgique. N°INV. 2775 2/2. Achat Daelman, 1911. © Cité de la Musique, photographe, T. Ollivier, Bois, peau et boyau ; L1 : 47 ; L2 : 64 ; L3 : 24.

Certaines caractéristiques organologiques sont communes à toutes les harpes d'Afrique centrale : peau recouvrant totalement ou partiellement la caisse, manche arqué ou coudé, chevalet/cordier parallèle à la table. Toutefois, les instruments présentent une grande variété de formes et de dimensions ainsi que quelques traits organologiques distinctifs.

Trois types principaux coexistent selon la façon dont le manche est solidarisé à la caisse.

La harpe ennanga de l'Ouganda est constituée d'une caisse ovale recouverte d'une peau reliée par de longues ligatures à une petite pièce de cuir située sur le fond de la caisse. Le manche est arqué, il pénètre dans la caisse en s'appuyant sur son bord supérieur et repose sur le fond. Les deux extrémités du chevalet recouvrent la base du manche et le bord opposé de la caisse.

La harpe kundi se rencontre au sein de nombreuses populations de la République Centrafricaine et du nord de la République démocratique du Congo. Elle existe aussi sous d'autres noms au Tchad comme au Cameroun. En République Centrafricaine et République démocratique du Congo, la caisse en bois épouse des formes variées. Elle se prolonge par un fourreau dans lequel vient s'insérer le manche arqué (sculpté ou non). Une peau, le plus souvent d'antilope mais aussi d'éléphant ou de reptile, recouvre complètement la caisse et son fourreau. Elle présente une ou plusieurs coutures, souvent très soignées, sur la face dorsale de la caisse. Le chevalet-cordier est situé sous la peau et s'appuie en général sur les deux extrémités de la caisse. Il est parfois apparent au centre de la peau et, dans certains cas, il est fixé par deux petites chevilles de bois sur les extrémités de la caisse. Dans le sud tchadien ainsi qu'au Cameroun, ce chevalet est quelquefois constitué d'une petite pièce de bois simplement brochée dans la peau.

La harpe ngombi est propre à l'ouest de la République Centrafricaine et au Gabon. La table d'harmonie, plus ou moins rectangulaire, est constituée d'une peau ligaturée autour de la caisse. Elle est aussi parfois fixée sur les pourtours de la caisse à l'aide de chevilles. La caisse en bois se prolonge à son extrémité supérieure par une protubérance, sculptée ou non. Le manche repose entre le sommet de la caisse et la base de cet appendice auquel il est fixé par des fibres végétales.

 

Harpe Ennanga, population Ganda, probablement district Taïti, Ouganda, Museo Preistorico ed Etnografico Luigi Pigorini, Rome, 2775, © Cité de la musique - photo : Thierry Ollivier

Manche de harpe Kundi, population Zande, région Uélé, RDC, Musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, Belgique. N°INV. 51.13.17. Achat Edgar Beer, 1951. © Cité de la Musique, photographe, T. Ollivier, Bois (crossipterix febrifuga) et perles blanches ; L1 : 48,5 ; L2 : 18,5 ; L3 : 6.
Manche de harpe Kundi, population Zande, région Uélé, RD Congo, musée royal de l'Afrique centrale, Tervuren, 51.13.17,
© Cité de la musique - photo : Thierry Ollivier

Harpe, population Kele, Gabon, Musée de l'homme, Paris, France. N°INV.86.65.2. Don Faucon, 1886. © Cité de la Musique, photographe, T. Ollivier, Bois, peau et fibre végétale ; L1 : 49 ; L2 : 49 ; L3 : 9.
Harpe, population Kele, Gabon, Musée de l'Homme, Paris, 86.65.2, © Cité de la musique - photo : Thierry Ollivier
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