| Biographies | |||||||||||||||||
| JOHN CAGE Compositeur, poète, théoricien, plasticien, mycologue et écrivain, John Cage né en 1912 a eu sur l'art de notre siècle un impact considérable. Elève de Henri Cowell et Arnold Schönberg, il a révolutionné les idées traditionnelles de l'Occident sur la musique et la fonction de compositeur. A la fin des années 1940, son initiation au zen avec le maître Daisetz Suzuki marqua sa carrière artistique et sa philosophie personnelle. Influencé par la pensée orientale, il récuse la notion traditionnelle d'œuvre musicale à laquelle il n'hésite pas à associer toutes sortes de bruits parasites, tout en intégrant le silence et le hasard comme des éléments de composition. Son invention la plus célèbre est le piano préparé. Cette indétermination du matériau sonore s'étendit à l'acte de composer par le recours à divers procédés comme les défauts des feuilles de papier, la forme extérieure de cailloux ou les jeux de dés. Il s'éteint le 12 août 1992 à New-York.
BRIAN ENO Artiste, producteur, vidéaste et collaborateur de nombreux musiciens, dont Roxy Music fondé en 1971, David Bowie, David Byrne, U2, John Hassell, Laurie Anderson, John Cale, Terry Riley. Brian Eno fait dialoguer minimalisme, avant-gardiste et rock. Il est, en 1978, l'initiateur du concept d'ambient music, avec Music For Airports : une musique à peine audible diffusée dans un lieu public, un aéroport, une musique servant à colorer l'espace. « C'est une couleur particulière. L'ambient est conçue pour inciter au calme et susciter un espace de réflexion. Elle doit pouvoir satisfaire à plusieurs niveaux d'attention auditive sans en imposer un particulier ».
DOMINIQUE GONZALEZ-FOERSTER Née en 1965 à Strasbourg, Dominique Gonzalez-Foerster vit à Paris après avoir étudié à l'école des beaux-arts de Grenoble de 1982 à 1987. Elle participe depuis 1989 à de nombreuses expositions en France et à l'étranger. Elle a notamment exposé à la dernière Documenta de Kassel en 2002 et a été lauréate du prix Marcel Duchamp consacré par l'oeuvre Exotourisme, réalisée avec Christophe Van Huffel, au Musée national d'art moderne en 2002. Parallèlement aux installations qu'elle réalise pour de nombreuses institutions, Intérieurs au Stedelijk Museum d'Amsterdam en 1994, une chambre en ville en 1996 et Shadow II en 1998 à l'ARC - musée d'Art moderne, qui traduisent sa capacité à recréer des espaces à partir d'impressions et de sensations, Dominique Gonzalez-Foerster développe une oeuvre cinématographique nourrie de ses nombreux voyages, de la Corse au Brésil, dont Île de Beauté réalisée en 1996 avec Ange Leccia, Riyo , 1999, Plages, 2001. Dominique Gonzalez-Foerster investit également ou crée des espaces architecturaux, qu'il s'agisse de la station de métro Bonne-Nouvelle à Paris, des boutiques Balenciaga de New-York et Paris ou de la construction d'une maison pour un collectionneur japonais. Depuis 1988, date de la réalisation de ses premières Chambres , l'expérience de l'espace est pour Dominique Gonzalez-Foerster une source de créativité sans cesse renouvelée.
PIERRE HENRY Né en 1927 à Paris, le compositeur français Pierre Henry suit d'abord les classes de Nadia Boulanger et Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris, avant de rejoindre Pierre Schaeffer et d'intégrer en 1949 le studio de musique concrète de la RTF. Avec ce dernier, il compose en 1950 la Symphonie pour un homme seul, œuvre impliquant des techniques électroniques et réalisées uniquement à base de sons préenregistrés, principe même de la musique concrète. De 1950 à 1958, il dirige le Groupe de recherche de musique concrète, puis fonde son propre studio. Il crée alors des œuvres aussi connues que Variations pour une porte et un soupir (1963), ou la Messe pour le temps présent (1967), ballet chorégraphié par Maurice Béjart. Avec un catalogue de plus de 150 œuvres à son actif et une production en constante évolution, Pierre Henry se fait encore aujourd'hui le principal représentant et défenseur de la musique concrète.
PIOTR KOWALSKI Artiste d'origine polonaise, né en 1927, Kowalski étudie les sciences et l'architecture au MIT de Cambridge, devient architecte puis sculpteur à partir de 1961. Ses projets de sculpture sont toujours à la pointe de la technologie. Time Machine est une œuvre spectaculaire qui affirme sa dimension sonore et préfigure par certains aspects la sculpture Passionnément présentée dans l'exposition. Grâce à l'installation d'un ordinateur dans la salle d'exposition, les sons émis par les spectateurs sont redistribués, presque simultanément sous la forme d'un écho. Utilisant la technologie des microprocesseurs, cette œuvre renverse le temps et l'espace. Les nouveaux outils technologiques, notamment le laser dans le domaine de la vision, élargissent le champ de la perception, ouvrant sur d'autres dimensions spatiales.
LUIGI NONO Luigi Nono est né à Venise en 1924. Après avoir étudié avec Gian-Francesco Malipiero, il complète sa formation auprès de Bruno Maderna. Il découvre après la guerre les œuvres d'Arnold Schönberg et Anton Webern, deux compositeurs dont l'influence sera déterminante. Il épouse en 1955 Nuria, la fille de Schönberg, et commence à mêler la politique à sa musique ( il canto sospeso, 1955-1956). Engagement politique et recherche de nouveaux outils linguistiques fusionnent en une symbiose qui donne naissance à des œuvres fortement marquées par la technologie, dans lesquelles se manifeste l'attrait du compositeur pour des espaces acoustiques et des types d'écoute nouveaux. Au cours des années 1980, le compositeur travaille dans le studio de la Südwestfunk à Fribourg et, à la suite de ce séjour, réserve aux instruments électroacoustiques, en raison de leur faculté à transformer le son en temps réel, une place de plus en plus importante dans son œuvre. C'est de cette époque que date Prometeo (créé à Venise en 1984), opéra qui synthétise en quelque sorte les tendances des dernières années de Nono et pour lequel il demande à Renzo Piano de concevoir un espace sonique original.
SUN RA Sun Ra est né en 1914 mais ce n'est que dans les années 1950 que ses traces deviennent à peu près évidentes à suivre. Il aurait fréquenté à Chicago le chef d'orchestre et arrangeur Fletcher Henderson, un des inventeurs du jazz en big band, et Coleman Hawkins, le père du saxophone ténor. D'abord leader de petites formations, Sun Ra va peu à peu étoffer son orchestre. Son "Arkestra" portera toutes sortes de noms : Solar Arkestra, Myth Science Archestra, 21st Century Echoes Archestra, Intergalactic Research Archestra, American-Spirit Archestra, Blue Universe Archestra, Love Adventure Archestra, Astro Infinity Archestra, etc. Si coexistent dans l'oeuvre de Sun Ra les couleurs musicales les plus diverses, la même volonté d'éclectisme se manifeste sur scène : costumes chamarrés, projections (quasi "psychédéliques" d'images et de films de l'Archestra en tournée), chants et danses, hymnes et danses, hymnes-poèmes de Sun Ra lui-même en cracheur de feu : un spectacle total où l'espace intergalactique, la musique - fiction et la magie fusionnent. Sun Ra est mort en 1993.
STEVE REICH Steve Reich est né en 1936 à New-York. Il étudie à Julliard School (New-York) et est diplômé du Mills College en 1963. Percussionniste de formation, il se passionne pour Bach, Stravinski, le jazz et la musique africaine, puis étudie les percussions au Ghana (1970). Alors qu'il est encore étudiant au Mills College, il effectue ses premières expériences de musique électronique, créant des enregistrements en boucle sur bande magnétique à partir de courtes phrases parlées préenregistrées. En utilisant simultanément deux boucles qui se désynchronisent progressivement, il élabore "le procédé de déphasage" sur lequel repose la plus significative de ses premières oeuvres, It's gonna rain ( 1965). Il revient à New-York en 1965 et applique son concept de "déphasage" à l'interprétation sur scène de sa musique, à l'occasion d'œuvres fondatrices comme Drumming (1971) et Music for Eighteen Instruments (1976). Il collabore avec Beryl Korot à la création de The Cave, œuvre théâtrale à écrans multiples (1993).
KARLHEINZ STOCKHAUSEN Figure emblématique de la musique contemporaine, le musicien allemand Karlheinz Stockhausen, né en 1928, est sans aucun doute le seul compositeur à avoir exploité et remis en question tous les champs de la recherche musicale de ces cinq dernières décennies. Il participe dés 1951 aux cours d'été de Darmstadt et suit un moment les cours d'Olivier Messiaen, qui l'initie au sérialisme intégral. Il compose bientôt sa première œuvre électroacoustique et poursuit sa réflexion sur les éléments constitutifs du langage. Cette recherche qui s'apparente à une quête passe autant par un travail sur les propriétés illimitées de la matière et l'imbrication des éléments sonores dans le temps et l'espace, que par une réflexion sur l'acte de création en lui-même. Abordant tous les genres musicaux, l'ensemble de ses compositions lui apparaît comme une seule et même œuvre, fragmentée mais unique, sorte de work in progress. Cette conception, de même que la dimension ésotérique qui anime toute sa démarche, trouve sa consécration dans le cycle Licht entamé en 1977.
GRAZIERA TODERI Grazieta Toderi est née en 1963 à Padoue et vit à Milan. Elle participe depuis 1993 à de nombreuses expositions internationales, dont Aperto' 93 et Dapertutto, 45è et 48è Biennales de Venise en 1993 et 1999. Des expositions personnelles lui sont consacrées au Castello di Rivoli- Museo d'Arte Contemporanea de Turin, FRAC Bourgogne de Dijon en 1998, ainsi qu'au Projektraum du musée Ludwig de Cologne en 1999. Parallèlement à ces expositions, elle collabore à des projets pluridisciplinaires, tels que Il fiore delle 1001 notte, en 1999, d'après le film de Pier Paolo Pasolini, accompagnant la chorégraphie de Virgilio Sieni, sur une musique de Giorgio Battistelli et avec des costumes dessinés par Miuccia Prada. Après avoir été fascinée par l'eau, élément à l'origine même de sa vocation d'artiste vidéaste, Graziera Toderi, dans ses dernières vidéos, rend sensible la plasticité de la lumière, du ciel, de l'espace. L'homme est relié au cosmos, tant d'un point de vue astronomique avec les télescopes d'un planétarium dans Planeta (2001) que métaphorique et onirique.
CHRISTOPHE VAN HUFFEL Christophe Van Huffel est membre du groupe Tanger et musicien de Christophe (Olympia 2002-2003). En 2001, il réalise la bande originale Le Plan du film d'Orlan et participe à la création des espaces sonores pour les boutiques Balenciaga Paris et New-York (2002-2003). Depuis 2002, il collabore régulièrement avec Dominique Gonzalez-Foerster : Exotourism, MNAM, Centre George Pompidou (2002) ; conception d'un Atelier de création radiophonique, France Culture, Satellite Bleu Palace (2003) ; Utopia Station, Biennale de Venise (2003).
EDGAR VARESE Né en 1883 à Paris de père italien et de mère française, Varèse, entre dix et vingt ans, vit à Turin où il commence des études musicales ; mais en 1903 il rompt toute relation avec son père et monte à Paris, où il achève ses études avec d'Indy, Roussel et Widor. Il se fait apprécier par Busoni et par Debussy, se trouve parmi les premiers auditeurs du Pierrot Lunaire de Schönberg et du Sacre du Printemps de Stravinski. En 1914, il quitte l'Europe pour les Etats-Unis ; c'est là que mûrit en lui la décision de se séparer de sa production antérieure en la détruisant, et qu'il entame un nouvel itinéraire fascinant de compositeur-chercheur-innovateur absolument radical. Tout en se consacrant à la direction d'orchestre, Varèse met la main à une série de compositions (dont Amériques , 1922) qui l'imposeront très rapidement comme l'un des représentants de la "nouvelle musique" les plus avancés dans la découverte de territoires inexplorés. En 1934, commence pour lui une longue période de crise due à son insatisfaction créatrice et marquée par une errance agitée dans le Centre et l'Ouest des Etats-Unis. Les quinze dernières années de sa vie sont en revanche caractérisées par une reprise créatrice, avec des chefs-d'œuvre comme Déserts et Nocturnal, et par la reconnaissance internationale. En 1958, Le Corbusier lui commande le Poème électronique destiné au pavillon Philips de l'Exposition universelle de Bruxelles. Varèse s'éteint le 6 novembre 1965 à New-York.
IANNIS XENAKIS Compositeur, architecte, ingénieur civil, Iannis Xenakis est né le 29 mai 1922 à Braïla (Roumanie). Résistant de la Seconde Guerre mondiale, puis condamné à mort, il est réfugié politique en France depuis 1947 et naturalisé français depuis 1965. Il a étudié à l'institut Polytechnique d'Athènes avant d'entreprendre des études de composition musicale à Gravesano avec Hermann Scherchen, puis au Conservatoire (national supérieur de musique) de Paris avec Olivier Messaien. De 1947 à 1960, il collabore avec Le Corbusier comme ingénieur et architecte, notamment pour le pavillon Philips à l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958. Inventeur des concepts de masses musicales, ayant introduit le calcul des probabilités et la théorie des ensembles dans la composition des musiques instrumentales, il fut l'un des premiers à se servir de l'ordinateur pour le calcul de la forme musicale.
PATRICK PORTELLA Né en 1953, Patrick Portella vit et travaille à Marseille
où il a suivi des études de clarinette et de composition
électroacoustique au conservatoire. Au début des années
1980, il participe à l'émergence du mouvement postmoderne
avec plusieurs compilations dont Miniatures (avec Gavin Bryars,
Michael Nyman, The Residents...) et collabore avec Joseph Racaille pour
Les Flots Bleus. Depuis 1981, il est compositeur associé
au GMEM.
JEAN-LOUIS CLOT Des études de solfège et d'accordéon dès son plus jeune âge, des études d'écriture musicale et de guitare par la suite, puis l'expérience du rock et du jazz, ont conduit Jean-Louis Clot sur le chemin des musiques concrètes et électroniques. Après une agrégation de musique, il se consacre à l'enseignement au sein de COREAM (Collectif de recherche et d'action musicale, Fontaine-Isère), et à la création en qualité de compositeur associé au GMEM.
JEAN-CLAUDE RISSET Né en 1938, Jean-Claude Risset
a étudié le piano, l'écriture musicale, la composition
avec André Jolivet, parallèlement à des études
scientifiques à l'Ecole normale supérieure.
ELIO MARTUSCIELLO Né à Naples en 1959, Elio Martusciello, musicien et compositeur de musiques électroacoustiques, est également improvisateur, membre des groupes Ossatura, Schismophonia (avec Mike Cooper), Taxonomy (avec Graziano Lella et Roberto Fega), il écrit pour Cane Capovolto, collectif de recherches vidéo et cinématographique. Cofondateur du collectif lato, il collabore aux projets multimédias, "la locandaccio" et "Arturo"
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