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Electric Body

Biographies
 

Christian Marclay

Né en 1955 à San Rafael, Californie, il vit et travaille à New-York.

Il grandit à Genève où il étudie à l'Ecole supérieure d'art visuel avant de s'installer aux Etats-Unis en 1977, où il étudie la sculpture au Masachussetts College of art, Boston.

La musique devient, dès 1979, son matériau de création privilégié qu'il décline dans une esthétique du collage qui s'affirme, avant tout, comme celle de la récupération et du détournement des déchets d'un monde sonore en constante mutation que sont devenus les phonogrammes, tourne-disques, disques vinyles, ou cassettes audio.

L'enregistrement de ses propres compositions, ses performances en direct  (Record Players, New York, 1982, David Bowie, New York, 1991 et One Hundred Turntables, Tokyo, 1991), à partir d'une démultiplication des platines de DJ, tout comme les collaborations nouées avec de nombreux musiciens tels John Zorn, the Kronos Quartet, DJ Spooky ou Sonic Youth, apparaissent comme les indispensables prolongements - qu'ils soient pérennes ou éphémères - d'une œuvre plastique, qui, par la vidéo, le collage, la photographie ou l'installation, collecte et rassemble des fragments d'images et de sons.

 

Nam June Paik

Né en 1932 à Séoul, il vit et travaille actuellement à New York. Musicien de formation, auteur d'une thèse sur Arnold Schönberg, Paik rencontra et travailla avec John Cage et Stockhausen au studio de musique expérimentale de Cologne.

L'une de ses premières œuvres est Hommage à John Cage (1959), au cours de laquelle il renverse un piano (symbole de la musique occidentale) sur scène annonçant ses nombreuses performances musicales. S'installant à New York en 1964, il participe au mouvement Fluxus et crée avec sa complice, la violoncelliste Charlotte Moorman, des œuvres comme TV-Bra for Living Sculpture (1969) et Opéra Sextronique (1966). Il est également considéré comme le père de l'art vidéo, qu'il invente à New York en 1965 grâce au portapak Sony (premier magnétoscope avec caméra portable), détournant avec virtuosité les images standard de l'esthétique télévisuelle.

 

Steve Reich

Né en 1936 à New York, il étudie à la Julliard School de New York et est diplômé du Mills College en 1963. Percussionniste de formation, il se passionne pour Bach, Stravinsky, le jazz et la musique africaine, puis étudie les percussions au Ghana en 1970.

Alors qu'il est encore étudiant au Mills College, il effectue ses premières expériences de musique électronique, créant des enregistrements en boucle sur bande magnétique à partir de courtes phrases parlées préenregistrées.

En utilisant simultanément deux boucles qui se désynchronisent progressivement, il élabore « le procédé de déphasage » sur lequel repose la plus significative de ses premières œuvres, It's gonna rain (1965). Il revient à New York en 1965 et applique son concept de « déphasage » à l'interprétation sur scène de sa musique à l'occasion d'œuvres fondatrices comme Drumming (1971) et Music for Eighteen Instruments (1976).

 

Sarkis

Né à Istambul en 1938, il vit et travaille à Paris où il s'installe après avoir quitté sa Turquie natale. Son ouvre est consacrée dés 1969 par l'exposition aujourd'hui historique, Quand les attitudes deviennent forme, organisée par Harald Szeemann. Influencé par l'ouvre de Beuys, Sarkis construit ses ouvres autour de la notion d'énergies contenues et non visibles, de mémoires sonores menacées d'inaudition, comme en témoignent les bandes magnétiques d'opéras utilisées dans certaines de ses ouvres et notamment dans I Love my Lulu, 1984, méditation sur le temps contenu dans cet opéra de 3H20 et sur ces traces magnétiques précaires, témoin de la transsubstantiation du corps de Teresa Stratas en son.

 

Georges Segal

Né en 1924, cet artiste américain, par ses sculptures de plâtre blanc en trois dimensions, s'approche plus que tout autre artiste pop, d'une certaine forme de réalisme. Il s'agit moins de mimer l'être humain que d'en saisir sur le vif certaines expressions, certaines énergies menacées dans l'univers à ses yeux désenchanté et standardisé de la société de consommation américaine des Sixties. C'est à la fois un corps qui s'émancipe, danse au rythme du rock'n' roll dans Rock&Roll combo, 1964, qui tend à l'anonymat dans L'heure de pointe, 1983, et à la disparition.

 

Stéphane Sednaoui

En 1990, Stéphane Sednaoui réalise son premier clip Le Monde de Demain pour NTM. Aujourd'hui photographe de mode et vidéaste de renommée internationale, il a réalisé les clips des plus grands : Björk, Red Hot Chili Peppers, Madonna, Beck, Tricky, Alanis Morisette, et dernièrement Mirwais et Depeche Mode. Ses étranges phosphorescences, ses éclairs psychédéliques et ses corps torturés sont devenus sa signature immédiatement reconnaissable.

 

Oscar Schlemmer

Artiste allemand (1888-1943), créateur polymorphe, peintre, sculpteur, chorégraphe, musicien, danseur, compositeur entré au Bauhaus en 1921, comme « Maître de Forme », il contribua au décloisonnement des champs artistiques par la fulgurance de sa pensée transversale.

Les figures du Ballet triadique 1922-1926, Gesamtkunstwerk réalisant le triple accord entre danse, costume et musique, et symbolisant la triade corps, âme, esprit, sont les précieux vestiges de ses éphémères spectacles, au cours desquels l'homme « devient événement ». La réflexion de cet humaniste résolument tourné vers l'avenir / devenir de l'homme face à la technologie résonne chez bon nombre de créateurs contemporains.

Du refus partagé avec Nam June Paik des « lamentations sur la mécanisation » aux costumes-sculptures des chorégraphies de Philippe Découflé ou aux
Constructions de Simone Forti.

 

Floria Sigismondi

Artiste multiformes, l'italienne Floria Sigismondi est vidéaste, cinéaste, photographe et sculpteur. Elle se définit comme une artiste « hyper-surréaliste ». A la fois poétique et macabre, son univers s'inspire des ouvres de Hans Belmer, Francis Bacon, David Lynch, tout comme de la mythologie grecque.

Fascinée par le corps, elle porte un regard complexe et tourmenté sur l'avenir de la nature humaine face aux progrès de la science et aux avancées de la bio-technologie. Cette esthétique tourmentée est l'essence des clips d'artistes tels que David Bowie, Marilyn Manson, Björk ou Tricky.

 

Pierrick Sorin

Artiste français né en 1960 à Nantes, où il vit et travaille, vidéaste et personnage unique de ses œuvres, il réalise de 1987 à 1988 une série de courts « autofilmages » où, sous l'unique regard d'une caméra Super 8, il dévoile des instants - parfois très intimes - de sa vie, sous forme de petits récits faussement naïfs et particulièrement ironiques où humour et gravité font bon ménage.

A partir de 1989, il se tourne vers la vidéo. Il réalise des installations à caractère narratif. Son travail relève d'une philosophie du doute absolu qui n'épargne pas l'objet ni la scène artistique. Dans l'installation vidéo Dance with me, 1996, Sorin met en scène à travers le travestissement de son propre corps, un individu, seul et renfermé, qui tend à faire en sorte de conformer sa propre image à certaines représentations dominantes véhiculées par la télévision, en particulier, par certains vidéo-clips ou émissions de variétés.

 

Karlheinz Stockhausen

Figure emblématique de la musique contemporaine, le musicien allemand Karlheinz Stockhausen, né en 1928, est sans aucun doute le seul compositeur à avoir exploité et remis en question tous les champs de la recherche musicale de ces cinq dernières décennies.

Participant, dès 1951, aux cours d'été de Darmstadt, il devient le disciple de Olivier Messiaen, qui l'initie au sérialisme intégral. Il compose bientôt sa première œuvre électroacoustique et poursuit une intense réflexion sur les éléments constitutifs du langage.

Cette recherche, qui s'apparente à une quête, passe autant par un travail sur les propriétés illimitées de la matière et l'imbrication des éléments sonores dans le temps et l'espace, que par une réflexion sur l'acte de création lui-même. Abordant tous les genres musicaux, l'ensemble de ses compositions lui apparaît comme une seule et même ouvre, fragmentée mais unique, sorte de « work in progress ». Cette conception, de même que la dimension ésotérique qui anime toute sa démarche, trouve sa consécration dans le cycle Licht , entamé en 1977.

 

Sam Taylor-Wood

Née en 1967 à Londres, Sam Taylor-Wood construit une ouvre où l'image omniprésente, qu'il s'agisse de vidéos ou de photographies, capte et rend sensible les émotions du corps, dans ce qu'elles ont de plus secrètes, jusqu'à leur exacerbation, manifeste par exemple dans l'installation Third Party , 1999.

Les corps, plutôt que de se confondre dans une communion festive, feignent de s'ignorer et manifestent dans la répétition de leurs attitudes leur profonde solitude.

Nourries de l'esthétique de Warhol, du cinéma de Cassavetes, de Ferrara et Coppola, tout comme de références à la peinture renaissante et baroque, ses mises en scène explorent les ambiguïtés entre artificialité du jeu de l'acteur et authenticité de leur intimité, comme saisie dans l'instant.

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