> Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

La voix du dragon

Le rôle funéraire des cloches non jouées
 

Si l'on considère aujourd'hui que les soixante-quatre cloches du carillon bianzhong du marquis Yi de Zeng - disposées en position de jeu et accordées entre elles - ont été certainement utilisées à des fins rituelles, il n'en est pas de même pour tous les carillons de cloches exhumés, comme le prouve celui de la tombe numéro deux de Leigundun, située près de la sépulture du marquis Yi. Composé de trente-six cloches assemblées en alignement non fonctionnel et ne comportant aucune trace de frappe ou d'utilisation, ce carillon, dépourvu de portique de suspension, semble avoir joué un rôle essentiellement funéraire. Ainsi, s'il n'a pas servi durant la vie « terrestre » de son propriétaire, son installation permanente dans le monde souterrain laisse penser qu'il pouvait symboliquement participer aux activités du défunt dans l'au-delà.

La disposition des cloches sur deux rangées en forme de « L », ainsi que leur nombre important, se réfèrent au statut social du défunt, sans doute ministre ou haut fonctionnaire. En effet, le nombre d'instruments suspendus et leur position dans la tombe étaient alors codifiés. Ces consignes figurent dans le Zhouli ou Rituel des Zhou qui précise qu'un carillon en forme de palais, à quatre côtés, était réservé aux rois ; en forme de char, à 3 côtés orientés vers le sud, aux princes vassaux ; à quatre côtés, est et ouest, aux ministres et hauts fonctionnaires ; et à une face, orientée vers l'est, aux gentilshommes.

Pour aller plus loin

Questionnaire :
Vérifiez vos connaissances
       
Médiathèque de la Cité de la musique - accueil